Posologie en homéopathie : dilutions (CH/DH/K), mode de prise et précautions essentielles

Cette page est fournie à visée pédagogique : elle explique des notions et une logique de lecture souvent présentées dans la littérature homéopathique. Elle ne remplace ni une consultation, ni un diagnostic, ni une prescription. Pour toute prise, demandez conseil à votre pharmacien ou à un professionnel de santé, en particulier chez l’enfant, pendant la grossesse, en cas de maladie chronique, de troubles psychiques, ou de symptômes persistants.

La "posologie" en homéopathie recouvre deux choses différentes :

  • le rythme de prise (granules, globules, gouttes… combien de fois par jour, combien de temps).
  • la dilution (CH, DH, K, parfois LM) indiquée sur le tube ou l’ordonnance.

Ici, l’objectif est pédagogique : comprendre les repères les plus fréquents, sans remplacer l’avis d’un professionnel de santé. Pour toute prise, référez-vous à la notice et/ou au conseil de votre pharmacien.


Dilutions et similitude : comprendre la logique de choix

Dans la pratique homéopathique, le choix de la dilution repose sur deux éléments principaux : le contexte (aigu ou chronique) et la qualité de la similitude entre les symptômes du patient et la description de la souche.

Faibles à moyennes dilutions (5 CH, 7 CH, 9 CH)

Utilisées dans deux situations :

  • Cas aigus avec faible similitude : le choix de la souche repose principalement sur un symptôme local, sans autres éléments caractéristiques.
  • Exemples courants :
    - Arnica dans un traumatisme
    - Rhus tox pour une tendinite
    - Ferrum phos lors d’un début d’état fébrile avec fièvre modérée, sans autres symptômes ou modalités particulières

Plus hautes dilutions (15 CH, 30 CH et au-delà)

Privilégiées dans deux contextes :

  • Cas chroniques (symptômes installés dans le temps)
  • Forte similitude, même dans un cas aigu, lorsque plusieurs éléments concordent : modalités, sensations, cause et état psychique

Exemple : les douleurs abdominales

Prenons le cas d’une douleur abdominale à type de crampe :

  • Sans autre indication : on pourrait penser à Colocynthis ou Magnesia phos (similitude faible)
  • Si la douleur est améliorée plié en deux ou par la pression : Colocynthis devient plus probable (similitude moyenne)
  • Si la douleur fait suite à un épisode de colère : on peut donner Colocynthis avec confiance dans une dilution plus élevée (similitude forte)
    - 15 CH si des symptômes ou une cause psychique est présente
    - 30 CH si la similitude est très forte entre la matière médicale et l’état du patient au niveau local, général et psychique

En pratique pour les cas aigus

Si vous êtes sûr de la souche à prendre, il vaut mieux commencer par la dilution la plus rapidement disponible que d’attendre 48 à 72h pour être livré !

⚠️ Important :
Ce n’est pas une règle automatique ni un "mode d’emploi universel".
Deux personnes avec un "même" symptôme peuvent relever de choix différents selon le contexte.
En automédication, la priorité reste l’avis du pharmacien / pro de santé.


Comprendre les dilutions : CH, DH, K… ça veut dire quoi ?

Sur un tube, vous verrez généralement : Nom de la souche + dilution (ex. Arnica montana 9CH).

Dilution CH (centésimale hahnemannienne)
1 CH = 1/100 : 1 part de souche + 99 parts de solvant, puis dynamisation (secouage).
2 CH répète l’opération à partir de la dilution précédente, etc.

Dilution DH (décimale hahnemannienne)
1 DH = 1/10 : 1 part de souche + 9 parts de solvant, puis dynamisation.

Dilution K (korsakovienne)
Méthode historique avec un flacon unique (méthode Korsakov), avec une logique de dilution spécifique.

À retenir : la dilution n’est pas une "dose" au sens classique (mg, ml…). C’est une information de préparation propre à l’homéopathie.


Les formes les plus courantes et comment les prendre

Granules (tube)
Voie orale / sublinguale : on laisse fondre dans la bouche (souvent sous la langue).
Souvent conseillé : en dehors des repas (et à distance café/menthe).

Globules (dose unitaire)
Une dose correspond souvent à une prise en une fois (selon notice ou ordonnance).

Gouttes / solutions buvables
Vérifier la notice : à noter certaines formes peuvent contenir de l’alcool ou d’autres excipients et donc ne pas convenir.


Posologie : ce qui compte vraiment

Le nombre de granules : peu d’importance

Que ce soit 3, 5 ou 7 granules, une demi-dose ou une dose entière de globules, cela n’est pas le plus important.

Ce qui compte : la fréquence de prise

Pour les symptômes apparus récemment ou brutalement (avec faibles dilutions)

  • Toutes les 30 minutes à 1 heure pendant les 3 premières heures
  • Puis espacer à 3 fois par jour pendant 3 à 5 jours

Pour les symptômes apparus progressivement
Par exemple : tendinites, épuisement, stress…

  • Matin et soir pendant 3 à 5 jours

Le suivi : quand espacer, quand s’inquiéter, quand changer

Si les symptômes s’améliorent
Vous pouvez espacer les prises progressivement.

Si les symptômes ne s’améliorent pas

⚠️ Avant tout : si les symptômes sont inquiétants, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé en urgence.

En homéopathie, si la souche est bien choisie, on doit observer une amélioration suivant la même courbe que l’aggravation initiale de la maladie :

Pour les symptômes aigus d’apparition brutale

  • Un syndrome grippal ou une gastro-entérite doit s’améliorer dans les 24 à 36h avec le remède bien choisi
  • Sinon, il faut changer de souche

Pour les problèmes d’apparition plus progressive
On peut se permettre d’observer les résultats pendant 1 semaine.

Pour les problèmes chroniques et anciens
Les changements doivent s’observer sur un temps plus long et nous ne saurions que trop vous recommander la guidance d’un professionnel pour vous suivre.

Si de nouveaux symptômes apparaissent
Il faut revoir le cas en tenant compte de ces nouveaux éléments.

Règle importante
Évitez de prendre sur une trop longue durée des remèdes homéopathiques, particulièrement les hautes dilutions, sans l’avis d’un professionnel formé.

L’intérêt de l’homéopathie réside aussi dans son absence d’interaction médicamenteuse : elle ne doit être que complémentaire à une prise en charge médicale classique dès que celle-ci est indiquée.


Posologie : 6 réflexes de prudence (essentiels)

1) Suivre la notice (ou l’ordonnance)

La posologie dépend du produit : âge, indication, rythme, durée maximale, seuil de réévaluation.
Si la notice prévoit un délai ("consulter si pas d’amélioration après X jours"), respectez-le.

2) Ne pas retarder une prise en charge médicale

Point clé : ne pas remplacer un diagnostic ou une prise en charge médicale classique en accord avec les données actuelles de la science quand la situation l’exige, notamment pour les maladies chroniques, graves ou potentiellement graves.

L’homéopathie est alors simplement complémentaire mais ne doit jamais être exclusive si cela veut dire prendre un risque pour la santé.

3) Reconnaître les signaux d’alerte

Consultez rapidement (ou urgence si nécessaire) en cas de :

  • gêne respiratoire, douleur thoracique, malaise
  • fièvre élevée persistante, signes de déshydratation
  • douleur intense inhabituelle, aggravation rapide
  • sang dans vomissements/selles/urines
  • symptômes persistants ou tout élément inquiétant

4) Attention aux excipients : lactose et saccharose

Beaucoup de granules/globules contiennent lactose et/ou saccharose : prudence en cas d’intolérances rares, malabsorption, ou selon votre situation métabolique (ex. en cas de diabète toujours demander conseil).

5) Populations à risque : demandez toujours l’avis à un professionnel de santé

Avant utilisation : grossesse/allaitement, nourrisson/jeune enfant, pathologie chronique, traitement au long cours, terrain particulier.

6) Éviter l’"empilement" de produits

Même si l’homéopathie est souvent perçue comme "douce", évitez d’accumuler plusieurs produits "au cas où" sans repère clair. Informez votre professionnel de santé de ce que vous prenez, surtout si vous avez déjà un traitement.


Questions fréquentes

  • "Quelle dilution choisir : 5CH, 9CH, 15CH, 30CH… ?"
    Cela dépend du contexte (aigu ou chronique) et surtout de la qualité de similitude entre vos symptômes et la description de la souche. En dehors d’une ordonnance, la référence reste le conseil du pharmacien.
  • "Combien de granules par prise ?"
    Le nombre exact (3, 5 ou 7) a peu d’importance. Ce qui compte, c’est la fréquence de prise adaptée à votre situation.
  • "Comment faut-il les prendre ?"
    Laisser fondre sous la langue, et prendre à distance des repas. Possibilité de diluer une dizaines de granules dans 50ml d’eau si besoin.
  • "Et si ça ne marche pas ?"
    Si aucune amélioration dans les délais attendus (24-36h pour un cas aigu bien traité), si les symptômes persistent ou s’aggravent : consultez et envisagez de changer de souche si vous poursuivez l’approche homéopathique.

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Homeoco est un outil de lecture et de compréhension pédagogique : il ne constitue ni un diagnostic, ni une prescription, ni une aide automatisée à la décision thérapeutique, et ne doit pas être utilisé pour retarder une prise en charge médicale lorsque celle-ci est nécessaire. Pour toute question de santé, demandez conseil à votre pharmacien ou à un professionnel de santé.